NOTRE ESCALE CAPVERDIENNE
Dernière mise à jour : 24 janv.
Coucou les amis,
Cela fait bien longtemps que je ne vous ai pas donné de nouvelles. C’est normal, j’ai été un peu débordé ces derniers temps ! Nous venons d’arriver aux Antilles après notre grande traversée de l’Atlantique que j’ai hâte de vous raconter. Mais avant ça, je voudrais vous parler du séjour que nous avons passé au Cap Vert, en Afrique. C’était une super étape, dépaysante, avant notre grande traversée : la « transat ».
La navigation entre les Canaries et le Cap-Vert :
Déjà, il nous a fallu arriver au Cap-Vert et comme toujours c’est Harmattan qui nous a emmené à bon port. Nous avons quitté l’île de la Gomera aux Canaries début novembre, pour 7 jours de navigation direction l’île de Sal. Cette traversée était une grande étape d’après maman car nous quittions l’Europe pour quelque temps. Si vous avez bien lu mes dernières aventures, vous devez commencer à connaître mon ami Lorenzo. C’est un équipier rencontré aux Canaries que papa et maman ont décidé d’embarquer avec nous jusqu’au Cap-Vert. Moi j’adore Lorenzo, il a beaucoup joué avec moi et on a lu plein de belles histoires. Mais cela soulageait surtout papa et maman pour les quarts de nuit. L’ambiance était trop sympa à bord pendant cette traversée. On a bien rigolé, beaucoup joué, lu, pris plein d’apéros et on a cuisiné ! Le plus incroyable, ce fut quand même le spectacle qui nous a été offert le tout premier jour de traversée. Deux heures après avoir quitté La Gomera, papa croyait apercevoir des cachalots dans l’eau. Et il ne se trompait pas ! A 100m de nous, quinze cachalots demeuraient immobiles sur le plan d’eau. Quelle chance ! J’étais tout excité de voir enfin des baleines comme celles sur ma couette ! Nous avons passé une bonne heure à les observer. Puis, finalement, on s’est approchés et elles ont fini par partir, peut-être qu’elles avaient peur.
Côté pêche, on ne pourra pas dire que c’était un grand succès. Pourtant ce n’est pas faute d’avoir essayé. Tous les soirs, papa, Lorenzo et moi nous sortions tout l’attirail de pêche, bien décidés à avoir de quoi dîner. Heureusement la toute première prise fut bonne puisque nous avons pêché une jolie daurade coryphène. Lorenzo l’a ensuite cuisiné : c’était un délice. Malheureusement, cette prise fut la seule. Je soupçonne presque papa d’avoir fait exprès comme il n’aime pas trop le poisson. Les seuls poissons que nous avons donc aperçus pour le reste de la traversée ce sont les poissons volants qui s’échouaient toutes les nuits sur le pont.
A part la pêche, on a eu une autre galère … de moteur (on commence à être habitués comme dit maman). Un soir, pendant le quart de maman, alors que nous étions au moteur, on entend tout à coup un gros bruit. Le moteur n’arrêtait pas de caler. Papa s’est directement attaqué à la résolution du problème. Comme toujours je l’ai regardé faire car j’aime bien voir comment il répare. Il a d’abord identifié que cela était dû à un encrassage au niveau des injecteurs et il a ensuite pu résoudre le problème : ouf !
Enfin, après sept jours de mer nous sommes arrivés sur l’île de Sal. Nous avons bien avancé (moyenne de 5,5 nœuds) et nous avons pu mettre le spi (notre grande voile jaune et bleu d’avant) une matinée. Nous avons mouillé l’ancre à la voile (le moteur avait encore fait des siennes) dans la baie du petit port de pêche de Palmeira avant un bon repos.
L’île de Sal : l’authentique Cap Vert
Nous avons passé presque cinq jours au mouillage de Palmeira. C’était un petit village très authentique, le vrai Cap-Vert comme dit papa : très pauvre, pas de touristes, juste les locaux et quelques bateaux comme nous. Nous avons arpenté à plusieurs reprises les ruelles de ce petit port de pêche où les routes sont en terre. Les habitants n’ont pas d’eau potable et leurs maisons sont faites de terre. Il n’y avait pas non plus de connexion téléphonique ou internet. Papa a dû aller charger des cartes prépayées chez une petite dame du coin qui vendait tout un tas de choses. Malgré leur pauvreté, les locaux étaient tellement chaleureux et accueillants envers nous. Je les amusais beaucoup avec mes cheveux tout blond et Castille aussi.
Le lendemain de notre arrivée nous avons été à une soirée barbecue dans le village. Les locaux organisent des soirées comme ça tous les week-end. On a pu goûter à de bonnes brochettes de viandes et je me suis fait plein de super copains. C’était la fête !
Si le village de Palmeira était particulièrement sous-développé, c’était un peu moins le cas de la capitale de l’île : Espargos. On a pu arpenter les jolies ruelles colorées de la ville et goûter à une spécialité locale : la cachupa (un ragout de lentilles, de pois et de haricots). Moi je n’ai pas trouvé ça très intéressant, je préfère les frites ! Ce qui était très amusant c’était de prendre le bus pour s’y rendre. Les locaux appellent ça des « aluguer ». Ce qui est assez drôle c’est que ces minibus (de 15 places environ) ne quittent leur point de départ que lorsqu’ils sont complets. On peut donc parfois attendre longtemps avant qu’il soit pleins. Le chauffeur fait alors des tours de la ville à la recherche de potentiels passagers.
Notre passage sur l’île de Sal aura aussi été marqué par l’anniversaire de maman. Elle a eu 27 ans! Pour cette journée spéciale on avait prévu tout un programme avec papa. Nous avons donc un peu joué "les touristes" puisque nous avons embarqué dans un pick up pour la journée pour un tour de l’île. Notre gentil guide Davide nous a fait découvrir les piscines naturelles et le « blue eye ». Pour le déjeuner nous étions avec le reste du groupe dont deux français très sympa qui ont beaucoup discuté avec papa et maman de leur projet. C’était surtout trop chouette car pour le dessert on a pu chanter et souffler les bougies de maman. Nous avons ensuite pu nager avec des bébés requins citrons. On les appelle "citron" car ils sont de couleur gris-jaune. J’ai trouvé ça amusant mais j’étais quand même impressionné alors je n’ai pas trop quitté les bras de papa. En fin de journée nous avons pris la direction des salines, lieu de fabrication du sel sur l’île, d’où son nom ! C’est assez amusant car elles prennent place dans l’ancien cratère d’un volcan. Autrefois, ces salines produisaient beaucoup et une grande partie de la production était explorée vers le Portugal et le Brésil. Aujourd’hui la production ne couvre plus que la consommation locale. Avec papa nous nous sommes baignés dans ces marais salants mais moi je n’ai pas trop aimé car j’avais un peu bu la tasse et c’était vraiment trop … salé ! En tout cas c’était une super journée pour l’anniversaire de maman, on a encore pu lui fêter le soir et elle était trop contente !
L’île de Boa Vista : découverte du wing foil et bateaux copains
Après quelques jours sur l’île de Sal, il était temps de partir à la découverte des autres îles du Cap-Vert et notamment celle de Boa Vista, au sud de Sal. Cette île était beaucoup plus verte et plus touristique aussi. Nous avons mouillé à Sal Rei, devant la capitale où il y avait pleins de bateaux français. Papa et maman ont retrouvé plein de « bateaux copains » et moi aussi j’ai retrouvé mes amis Thibault et Baptiste. On a pu aller à la plage avec eux c’était trop sympa. Les parents ont aussi fait beaucoup d’apéros avec leurs amis. Et puis sinon bien sûr, on a continué de visiter en commençant par la capitale Sal Rei. Cette ville était beaucoup plus dynamique que les autres que nous avions vu jusque-là. Nous avons visité le marché municipal qui était très coloré et qui sentait bon les épices. Malheureusement comme nous sommes des touristes, les dames du marché voulaient tout nous vendre très cher …
Boa Vista ça aura été aussi le lieu où maman s’est essayée au wing foil. Elle a fait l’erreur de dire à papa un jour qu’elle aimerait bien essayer et ce n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd ... Ni une ni deux, il s’est empressé d’aller en acheter un à l’école de kite du coin… On se demande bien pour qui il l’a vraiment acheté. Bon en tout cas maman a pu essayer et elle s’est plutôt bien débrouillée pour une première fois.
L’île de Sao Nicolau : Notre coup de cœur
Après ces quelques jours à Boa Vista, nous avons largué les amarres direction l’île de Sao Nicolau. Cette fois-ci, nous avons navigué de nuit. C’était une très belle nav’, très agréable comme toutes les navigations que nous avons faites au Cap Vert. Les conditions étaient bonnes. Au petit matin nous avons aperçu l’île, très verdoyante contrairement aux deux îles précédentes. Et nous avons même été accueillis par des dauphins. Une fois arrivés, nous avons mouillé l’ancre à Tarrafal où nous avons retrouvé beaucoup de bateaux copains des autres îles. Sur place, nous avons débuté par la visite de Tarrafal qui n’est pas du tout marquée par le tourisme. Les seuls étrangers ici sont les bateaux en voyage comme nous. Il y avait donc moins de monde pour arpenter les ruelles colorées, au rythme de la musique locale. Les capverdiens écoutent beaucoup de musique la journée sur leurs enceintes, moi je trouve ça très amusant et souvent on danse avec maman.
L’autre grande activité à Sao Nicolau aura été l’ascension du Monte Gordo (1312m). Cela fut l’une de nos randonnées les plus difficiles. Papa et maman en ont bien bavé, ça grimpait sec toute la balade. Plusieurs fois ils ont voulu abandonner mais une fois arrivés en haut avec un peu de motivation c’était splendide! Et c’était surtout l’heure du pique-nique et des chips ! Pour notre dernier jour sur l’île nous avons donc été plus raisonnable puisque nous allés visiter la capitale de l’île : Ribeira Brava. Nous commençons à être des habitués du bus (aluguer). La capitale n’était pas bien grande mais assez animée. Nous avons visité le marché couvert et la cathédrale.
L’île de Sao Vicente : Mindelo lieu de notre préparation de transat.
Notre 100ème jour de voyage était déjà arrivé et symboliquement il a été marqué par notre départ vers Mindelo, lieu de notre départ pour la transat. Nous avons navigué sur un après-midi pour rejoindre la capitale de Sao Vicente. C’était l’une de nos plus belles nav’ du voyage selon papa. Surtout car nous nous suivions avec presque 20 bateaux copains, c’était très amusant. Une fois arrivés, nous n’avons pas réellement eu le temps de découvrir cette île puisqu’elle aura surtout été le lieu de préparation de la grande traversée. Nous avons donc beaucoup été occupés par les préparatifs (travaux, ménage, avitaillement) et moins par les visites. Bien sûr nous avons quand même réservé une journée à arpenter Mindelo qui est une grosse capitale économique assez moderne et bien différente des autres villes capverdiennes. C’était toutefois très pratique puisqu’il y avait tous les magasins qu’il fallait pour faire les courses. Bon ce n’était pas non plus des supermarchés français donc il fallait s’adapter. Mais j’aurais l’occasion d’y revenir dans un prochain post. Ce qu’on retiendra surtout de Mindelo c’est l’ambiance ! Le port était bondés de bateaux français qui partaient comme nous prochainement en transat. Nous nous retrouvions tous pour des apéros au bar flottant du port pour échanger sur nos galères, nos aventures, se donner des conseils. Même pour moi c’était la fête car il y avait beaucoup de familles avec des enfants. Ça restera un souvenir très fort pour nous tous.
Je vous détaille bientôt tout cela dans l’article pour raconter la transat et sa préparation.
A très bientôt pour le récit de la transat !
Aymard
P.S : Si vous souhaitez suivre l’avancée de notre périple, n’hésitez pas à cliquer sur le bouton ci-dessous.
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